Mélanie Jacobin – Sexothérapeute & Fashion Designer « Il y a de la thérapie dans la mode »

Mélanie Jacobin est une sexothérapeute et designer en mode, de 22 ans originaire de Saint-Claude en Guadeloupe. Elle a posé récemment ses valises à Melbourne en Australie afin de pratiquer ses différentes professions. Elle nous ouvre les portes de ses passions.

Mélanie Jacobin - Sexothérapeute et Fashion Designer
Crédit : Dean Raphael

À seulement 22  ans, tu as déjà plusieurs casquettes : designer en mode, sexothérapeute. D’où te viennent ces passions?

Je viens d’une meute de femmes qui ont dédié leurs vies à la médecine holistique. Elles se sont toujours intéressées aux différentes façons de “guérir les gens” donc cela m’a influencée. 

La mode en revanche a toujours été un peu innée chez moi. J’ai toujours été une personne coquette. J’ai donc commencé le design de mode. Par la suite, je me suis rendu compte de l’impact et de l’influence qu’un habit a sur l’humeur et vice-versa. Donc je me suis dit qu’il y a de la thérapie dans la mode.

J’ai également eu l’opportunité de faire de la lingerie et j’ai réalisé le lien entre la mode et le sexe. La lingerie, en tant que vêtement insère une forte énergie sexuelle. C’est à cette occasion que j’ai choisi de commencer mon parcours en sexothérapie pendant ma deuxième année de design de mode à l’IFA Paris. J’ai suivi un accompagnement complet de programmation neuro-linguistique à l’institut Psynapse dans le 19e arrondissement de Paris. 

L’univers est sexuel, tout est union et création

Dans quelle activité te reconnais-tu le plus, t’épanouis-tu le plus ?

Je dirais que je m’épanouis le plus en sexothérapie. Lors de mes séances, je n’ai pas forcément l’impression de travailler. Mais j’ai tout de même conscience de l’importance de la mode dans ma vie. La mode dans le sens esthétique, dans le sens de la création.

De plus, la mode est la deuxième industrie la plus polluante sur la planète. Il y a une surproduction incroyable, complètement inutile. C’est un concept auquel je n’adhère pas du tout. Si les gens savaient ce qu’iels portaient quand iels mettent un legging ou juste un coton coloré… Les gens n’ont pas conscience de la quantité de pollution qui est produite dans le domaine de la mode.

Sachant que j’ai cette conscience, je me pose la question de mon impact sur la planète en tant qu’actrice de cette industrie. C’est donc pour cela que je me sens beaucoup plus en lien avec ce que j’aspire à être en étant sexothérapeute

Mélanie Jacobin au Défilé Beauty Disorder d’IFA Paris à la Maison des Métallos dans le 11eme à Paris
Mélanie Jacobin au défilé Beauty Disorder de l’IFA Paris

Est-ce que la spiritualité et le bien-être ont toujours fait parti de ta vie ? 

Ma mère m’a clairement transmis le savoir de la spiritualité. Elle m’a initiée à la méditation, à l’ésotérisme. Ça n’a jamais été forcé et j’en suis vraiment reconnaissante. 

Ma mère a été baptisée catholique, mais c’est quelque chose qu’elle a refusé de faire avec ses enfants car elle a préféré éduquer ses enfants sur les différentes religions afin qu’elles choisissent celle qu’elles veulent. 

Elle a développé sa spiritualité et en tant qu’enfant, on est témoin des changements de nos parents. Quand elle a commencé à développer sa spiritualité, j’ai vu le bien fait que ça lui faisait et j’ai été très curieuse. Je lui ai demandé de m’initier et c’est comme ça qu’elle m’a donné les bases afin que je continue mon éducation seule.

Peux-tu nous éclairer sur ce qu’est le métier de sexothérapeute ? En quoi cette pratique ne traite pas le sexe que comme un acte charnel ? 

Déjà, la sexualité ne commence pas, que quand l’acte sexuel commence. Elle commence à partir de l’idée. Rien que de penser au sexe peut être un acte sexuel. Par exemple dans le sigle LGBTQ +, il y a les asexuel.e.s qui sont “ sans désir charnel” mais iels peuvent toute de même avoir une sexualité dans l’esprit, la pensée.

Les gens n’ont pas conscience que le sexe est partout. L’univers est sexuel. Rien que le fait qu’il y existe des plantes est “sexualité” avec la pollinisation et l’échange de fluides.Tout est union, sexe et création. On ne se rend pas compte de l’ampleur de la sexualité dans la vie. Je ne parle que rarement de sexe avec mes client.e.s, car tout affecte la sexualité.

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Crédit : Blckdreadshots

Comment abordes-tu le sujet du sexe avec tes client.e.s au vu du fait que cela reste un sujet tabou de nos jours?

Quand je dis que je parle très rarement de sexe, ce n’est pas voulu. Dans le flow de la thérapie, on se rend très rapidement compte que le problème sexuel n’a parfois aucun rapport avec le sexe. Par exemple, prenez un client.e lambda qui vient pour un problème érectile. Au fil du déroulement de la thérapie, on se rend très vite compte que ce problème peut-être lié à son statut au travail, à une pression morale ou financière. Tous ces éléments sont liés au fait qu’il y ai une impuissance et que son corps réagisse à un état mental.

Il m’arrive très souvent d’avoir des parents qui me contactent afin de faire de l’éducation sexuelle avec leurs enfants. Là, oui, on parle ouvertement de sexe. C’est justement ce que certains adultes ne veulent pas faire avec les adolescent.e.s, car il y a une certaine barrière. Du coup on m’appelle pour faire ce travail et c’est génial, car il y a tant de choses à dire, qui sont TRÈS importantes à dire.

Certain.e.s sexothérapeutes choisissent de se spécialiser à un certain type de client.e.s (pour les personnes cis-genre par exemple)  est-ce ton cas? Comment est-on inclusif.ve en sexologie?

Lors de ma formation j’ai eu eu l’honneur d’être formé pour la transidentité. Certains confrère.soeur.s choisissent de ne suivre que des client.e.s cis genre  pour des raisons personnelles. Chacun.e se spécialise en fonction de ses limites. Si je sais que je ne suis pas confortable, je peux faire le choix de me concentrer sur un certain type de client.e.s afin de fournir un service sans jugement.

J’ai fait le choix de ne pas exclure la communauté LGBT, mais je n’ai pas la prétention de dire que je pourrais accompagner parfaitement un.e patient.e en situation de handicap.

Collection Caribbean Horror Story, designé par Mélanie Jacobin
Collection Caribbean Horror Story, designé par Mélanie Jacobin
Crédit : Jimmy Pierrot

Tes client.e.s sont-il étonné.e.s de ton jeune âge ? 

Oh Oui ! En général, je ne communique jamais mon âge. Et quand mes client.e.s découvrent mon âge après la thérapie, iels sont choqués. Iels se disent “comment c’est possible que j’ai reçu un accompagnement thérapeutique d’une personne qui pourrait être ma fille sur un sujet comme le sexe”. Le problème, c’est que l’on associe l’expérience sexuelle à l’âge. 

Quand les gens apprennent mon âge avant une séance, iels ne prennent pas rendez-vous, car iels se disent “pas avec une gamine de 22 ans”. Mais quand iels l’apprennent après avoir fait des séances, cela ne pose pas un problème, car il y a déjà un contact qui a été fait. Ils sont déjà la preuve de la qualité du service. Mais nous sommes dans une société où il y a beaucoup d’ego donc c’est normal, donc je ne les juge pas.

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Crédit : Sara Turki

Tu travailles avec l’association Nova Art et Découverte en Guadeloupe en tant que praticienne de tantra ? Peux-tu nous en dire plus sur cette pratique ?

L’association Nova Art et Découverte a été co-créée par 4 personnes : Jessica Jacobin , Agnès Francius, Jeannick Lollia et moi-même. Chacune tient un rôle et nous proposons nos services. J’interviens en tant que Fashion designer, sexothérapeute et de praticienne tantra. 

Le tantra est avant tout une philosophie hindou. Il expose le fait que le monde est né d’une union sacrée. Une fois que l’on sait manipuler cette énergie de création, on peut créer ce que l’on veut dans la vie. Je pratique plus du Néo-Tantra, il n’y a pas le côté religieux. Dans ma pratique, je crée des exercices qui activent l’énergie sexuelle en chacun dans le but de permettre au gens de se connecter. Les exercices permettent également d’utiliser l’énergie sexuelle comme booster énergétique. Le tantra débloque plein de choses au niveau de la sensibilité et de la sexualité.

Atelier à l'association Nova Art et Découvert en Guadeloupe
Atelier à l’association Nova Art et Découvert en Guadeloupe

Tu es actuellement en Australie ?  Mais auparavant tu as vécu en Italie et à Paris. Est-ce que cette mobilité participe à ton bonheur ? 

Absolument !
J’ai une devise dans la vie. The world is your home staying in one county is equal to staying in your bedroom for the rest of your life. Le monde entier est ta maison et rester dans un seul pays serait comme rester dans ta chambre pendant toute ta vie.

Le goût du voyage a été initié également par ma mère. Tous les étés, il fallait que l’on voyage. L’un de ses premiers objectifs était que ces enfants connaissent la Caraïbe. Au fur et à mesure, nous avons ensuite étendu notre périmètre. Après l’amour pour le voyage reste, car quand tu grandis en découvrant d’autres cultures, tu n’as plus envie de t’arrêter!

Il faut que je me sente bien afin de pouvoir permettre aux gens de se sentir bien

Ton activité implique un échange énergétique important comment trouves-tu un équilibre personnel ? 

Je médite tous les matins, tous les soirs. Si j’ai une pause, je vais sûrement méditer. Cette pratique me permet de tout le temps savoir ce dont j’ai besoin. Il faut que je me sente bien afin de pouvoir permettre aux gens de se sentir bien.
Ensuite, je passe beaucoup de temps dans un milieu naturel.
Enfin, je vois des thérapeutes. J’ai un sexothérapeute, j’ai un thérapeute, j’ai un psychanalyste ! Donc oui, j’ai un très bon « support system ».

Peux-tu partager avec nous un endroit, une personne et une citation qui t’inspirent ?

Alors un endroit : Saint-Claude, Guadeloupe ! Je dirais la Guadeloupe, mais … Saint-Claude très précisément parce que c’est ma commune préférée! 
Pour la personne, j’ai l’impression que tout le monde m’inspire. Vraiment je dirais que “les gens” m’inspirent. Absolument tout le monde m’inspire, d’une manière ou d’une autre. Pour la citation je dirais : Soit le changement que tu veux voir dans ce monde.

Qu’est-ce qui te fait “feel good” toi, Mélanie ?

La nourriture haha, le sexe, l’argent. Personne n’ose le dire mais oui ! Ma famille et mes amis, mais à un point ! Si je devais faire une hiérarchie je dirais : la famille et les amis d’abord. Ensuite, le sexe, la nourriture, l’argent. 

Après lire aussi me fait “feel good”. En ce moment je lis Wild Nights de David Deida et The Art of Sexual Ecstasy: The Path of Sacred Sexuality for Western Lovers de Margot Anand

Mélanie Jacobin dans une robe de sa collection Caribbean Horror Story
Crédit : Sarah Turki

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de bon pour les prochains mois qui viennent ?

J’aimerais beaucoup développer ma clientèle en Australie et que le peuple Caribéen s’ouvre plus à la sexothérapie. Nous sommes un peuple très sexuel, sauf que le sexe reste tout de même tabou. Le paradoxe est quand même incroyable !

Léonie Vignocan

N’hésiter pas à suivre Mélanie sur Instagram. Si vous êtes interéssé.e.s par une séance de sexothérapie veuillez la contacter par mail.

Par souci d’inclusivité nous utilisons le pronom iels prenant en compte tous les genres.

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