Axel Hegesippe — Peintre & écrivain « Je me dois d’être moi-même à 100 % tout le temps »

Axel Hegesippe a décidé de ne pas laisser la société lui dicter ses faits et gestes. Après 4 ans d’études supérieures, le jeune homme décide de tout arrêter afin de se consacrer pleinement à ses passions : la peinture et l’écriture. Découvrez l’univers intense et éclectique de cet autodidacte guadeloupéen.

Bonjour Axel peux-tu te présenter ?

Axel Hegesippe, je suis guadeloupéen, j’ai 24 ans. Qu’est-ce que je dois dire de plus sur moi… Je n’ai pas toujours été artiste. Avant, j’étais en école de commerce et ce n’est que durant ma première année que je me suis vraiment dit que les études ce n’était pas fait pour moi. Du coup après 4 ans d’études supérieures, j’ai dit stop et j’ai préféré tout arrêter et me lancer pleinement dans la peinture.

À 24 ans, tu as déjà eu de multiples vies et plusieurs facettes : étudiant en finance, peintre, écrivain et photographe. Comment expliques-tu cette polyvalence ? 

Pour moi, c’est plus une continuité. Je ne me refuse pas ce que j’ai envie de faire. J’ai commencé par le dessin et j’ai toujours apprécié la photo. Mais, lorsqu’on revient un peu sur soi-même, on a toujours envie de développer ce qu’on aime. C’est comme ça que tout a commencé. Je fonctionne aussi un peu par phase. Des fois, j’ai envie de faire de la photo, des fois j’ai juste envie de peindre, parfois je fais juste de la vidéo ou j’écris. Mais au final, je pense que tout est lié. 

Est-ce que tu as toujours eu cette fibre artistique ou est-ce quelque chose qui est arrivé avec tes études supérieures?

Je crois bien que je l’ai toujours eu. Mais ce n’est pas toujours évident, la société forcément n’aide pas à te faire comprendre ce côté artistique ni même le fait qu’il puisse exister. Lorsque tu rentres dans un cursus scolaire, même en bas-âge, même s’il y a les petits cours d’art plastique ce n’est pas forcément ce qui va te faire comprendre que tu as une sensibilité autre que celle des autres.

Voute Etoilée
AHFM

 Tu signes tes oeuvres AHFM : Axel Hegesippe Free Mind? Peux-tu nous expliquer ce choix de pseudo?

Le concept free mind a commencé depuis mes années lycées ou même au collège. Je pense que c’était une première version de ce côté un peu marginal. Je voulais me sentir libre d’expression quelque part. Aujourd’hui ça s’est totalement confirmé parce que j’estime, sans excès et avec tout le respect que j’ai pour autrui, que je me donne l’opportunité de réaliser tout ce que j’ai envie de faire.

Tu décris ton art comme étant “du cœur à la main”. En quoi ton art t’a permis de découvrir qui tu es ? 

La peinture est arrivée à un moment de ma vie où je me suis vraiment recentré sur moi-même. Ce fut assez tard quand même, car durant ces 22 années, j’ai vécu des choses qu’un être humain n’a pas forcément la possibilité ou la capacité d’exprimer, que ce soit avec des mots ou avec des gestes. J’ai vu ma première collection comme un exutoire, un peu comme un hommage, mais aussi une cicatrisation de toutes ces années. C’est donc pour cela que je l’ai appelé “La Langue des Émotions”.

Il y a-t-il une différence entre Axel l’artiste et Axel le jeune homme de 24 ans ? 

Pas vraiment, je suis quelqu’un d’entier. Il n’y a pas longtemps, je me suis efforcé de retourner dans le monde du travail pour des raisons alimentaires mais je n’arrive plus à faire semblant. Je ne peux pas faire semblant d’être quelqu’un dans la vie commune et en même temps être moi-même dans la vie d’artiste. Je me dois d’être moi-même à 100 % tout le temps. 

Tu as abandonné les études pour suivre ta vocation sans avoir à suivre des “règles pré-définies” mais as-tu des règles dans ton processus de création ? 

Alors ce n’est pas des règles, mais disons que lorsque l’on a une sensibilité accrue, il faut savoir s’accepter et aussi accepter toutes ses phases. C’est-à-dire que la seule règle qui m’est “imposée” est mon état d’âme. Je peux avoir une phase de création très riche ou par exemple privilégier un repos, car je ne vais pas être inspiré, ou du moins pas de manière explicite. Donc si je devais définir les règles, je dirais qu’il s’agit plus des règles de la nature. 

Comment définis-tu une œuvre réussie ? 

Wow, c’est une question un peu complexe, j’avoue. Alors réussie, je ne me suis jamais vraiment posé la question. Je sais lorsqu’elles sont terminées, mais généralement lorsque je peins, je reviens vers ma toile que le lendemain. Et ce n’est que le lendemain que je vais revenir pour voir un peu ce qu’elle raconte. Parce que sur le coup, je n’ai pas forcément cette conscience, ni ce regard. Ce n’est qu’après que je peux savoir ce que le tableau a à raconter. Après, selon moi, elles sont toutes réussies parce qu’elles vont toutes forcément raconter quelque chose. 

En juin dernier, tu as fait ta première exposition : la Langue des Émotions qui présentait tout “ce qui enrichit une vie, de quoi on grandit” Cette première exposition était en Guadeloupe, pourquoi avoir choisi ton île pour cet événement ?

J’ai commencé à peindre à Bordeaux et avant même de savoir que j’allais faire une exposition, ou que même, j’allais exposer mon art un jour, j’avais déjà envie de rentrer chez moi, en Guadeloupe. Cela m’a beaucoup aidé, car mon art a beaucoup évolué lorsque je suis rentré. J’ai peint tous les jours pendant un mois et c’est comme ça que la collection est née. Par la suite, j’ai rencontré Marvin Saint-Amand qui est devenu mon chargé de communication et de projet, c’est comme ça qu’est né le projet.

En quoi la Guadeloupe est une source d’inspiration pour toi ?

Je pense que c’est simplement le fait ce que soit chez moi, qu’il y ait ma famille et plus particulièrement ma mère. J’ai aussi eu cette phase de rétrospection où j’ai eu besoin d’avoir un cocon fiable et vraiment solide. Peut-être que l’île forcément m’a inspiré parce que j’ai grandi ici, mais je pense que c’est vraiment le fait d’être en confiance et à l’aise chez soi.

Mirage
AHFM

Cette exposition mettait également en avant les différents “cycles de vie” ? Dans quel cycle es-tu en ce moment ?

Je pense que je suis dans une phase de renaissance. Certaines choses se sont terminées en fin d’année dernière du coup. Du coup, je reprends un cycle de création. C’est un renouveau artistique mais également personnel.

Comment exprimes-tu ce renouveau dans ton art ? 

J’explore de nouvelles façons de peindre, toujours sur les mêmes supports, toujours avec les mêmes outils, mais une nouvelle expression. Il s’agit de quelque chose de plus travaillé, de plus concret entre guillemets même si ça reste de l’abstrait. C’est également quelque chose de plus coloré. Ma première collection était réputée pour sa profondeur et son obscurité, là maintenant il y a un peu plus de couleurs et un peu plus de formes. 

Tu dis que tu “explores l’extrême contraire pour trouver une consonance” quels sont deux aspects de ta personnalité qui s’opposent, mais te permettent de trouver tout de même un équilibre ? 

Les deux premières choses qui s’opposent chez moi sont ma franchise d’un côté et ma sensibilité de l’autre. Mais je pense tout de même que ce sont deux choses qui vont ensemble, car les sentiments, selon moi doivent toujours être francs. Ma franchise est un peu trop extrême parfois et cela peut installer un certain doute, mais également un peu trop de raison dans mon art. Après, j’apprends un peu à vivre avec cette dualité . C’est un peu comme les astres. Le soleil représente la raison, la vérité et la lune, l’émotion, la féminité, la sensibilité, et la fragilité. (fragilité pas dans un sens péjoratif). C’est un travail continuel d’accepter le fait que les deux nous composent et qu’il faille les allier. 

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Dans ton art, on peut voir que tu portes une grande importance à la femme et au sexe pourquoi ? Comment peux-tu expliquer ton attrait vers ces deux éléments et j’aimerais que tu fasses un focus sur le sexe et en quoi le sexe dont tu t’inspires en quoi, c’est plus qu’un acte charnel? 

Déjà, comme je le dis souvent : tout commence par une femme. Au départ, je n’avais pas suivi toute la profondeur de cette phrase. Par la suite, j’ai appris qu’en plus d’être une réalité, il s’agissait d’une vérité. J’ai toujours vu en la femme ce côté inspirant, mais aussi cette complexité dans la fluidité. Mon inspiration vient du fait que la femme est synonyme d’émotions de sensualité. C’est ce charme, cette confiance qui m’inspire. 

En ce qui concerne le sexe, il est vrai que le sujet revient souvent. C’est un domaine où les libertés sont beaucoup plus exprimées. C’est également un échange, un acte charnel. Au-delà de l’acte physique, il s’agit d’un échange de fluides. Cet acte n’a pas d’égal, c’est une très belle façon d’échanger des émotions qui peuvent être plus fortes que celles que l’on ressent dans la vie commune. De nombreuses personnes prennent la chose au premier degré, mais il a un message assez fort derrière tout ça : le sexe est une façon de vivre avec un grand V, de vivre l’instant et d’avoir un échange véritable

L’année dernière, tu évoquais le fait de vouloir vivre de ton art, est-ce le cas désormais ? 

Pas encore. Je l’espère en tous cas. C’est vrai que c’est assez difficile, mais l’essentiel, c’est d’avoir cet objectif en tête. Un artiste ne fait pas ce qu’il fait pour de l’argent. La société veut que l’on gagne de l’argent afin de vivre et de consommer. Cependant, l’objectif premier d’un artiste est son don d’expression tout simplement.

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1996 – ♾

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Peux-tu partager avec nous un endroit, une personne et une citation qui t’inspirent ? 

Pour l’endroit, je dirai ma chambre déjà, car c’est là où je peins. L’endroit où je vis tout simplement. 

Pour la personne, honnêtement, c’est vrai que ça va faire un peu cliché, mais je dirai sans hésitation Basquiat. C’est une personne, une personnalité, une vie qui m’a beaucoup touché. Que ce soit dans sa manière de peindre ou dans sa manière de vivre. Je me retrouve un petit peu dans certaines choses. 

Pour la citation, je resterai sur “Tout commence par une femme”. J’ai envie que cette phrase soit plus qu’une simple phrase, surtout quand on connaît la situation des femmes aujourd’hui. Je respecte les débats, les publications, etc., mais j’ai l’impression qu’il n’y a pas grand chose qui bouge derrière. Si “tout commence par une femme” pourrait demain être un mouvement, ce serait vraiment quelque chose 

Qu’est-ce qui te fait “feel good” toi ?

Je vais commencer par la nourriture en tant qu’épicurien, je ne peux pas me passer d’une bonne bouffe. La musique bien évidemment, deux choses essentielles dans ma vie. Pour finir, je dirai l’amour avec un grand A. L’amour qui englobe l’amitié, l’amour sincère ou simplement le respect.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de bon pour les prochains mois qui viennent ?

Ce que je souhaite à tous depuis ce nouvel an , de l’amour et de la paix

Léonie Vignocan

Retrouve Axel sur son instagram et sur son site web !

Par souci d’inclusivité nous utilisons le pronom iels prenant en compte tous les genres.

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