Malick Lombion — Créateur de contenu digital & Développeur web « La création de vidéo pour moi est principalement psychologique, je veux communiquer un sentiment »

Malick Lombion est un créateur de contenu digital guadeloupéen qui travaille pour une chose : faire ressentir des choses à son public. Immergez-vous dans ses ambiances chaleureuses et colorées, qui vous font voyager en un clic !

Malick Lombion

Bonjour Malick peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Malick Lombion, je viens de Guadeloupe plus précisément de Morne-À-l’Eau, j’ai 30 ans. Dans la vie de base, je suis intégrateur web, donc développeur web. C’est mon domaine de prédilection, le domaine dans lequel j’ai étudié, mais ma passion, c’est la création en général. En ce moment, je suis plus concentré sur la création de vidéos et de photos.

D’où te vient cette passion pour les nouvelles technologies web et l’art digital

J’ai toujours été passionné par les nouvelles technologies, depuis petit quand on me demandait ce que je voulais faire plus tard, je répondais “inventeur”. J’ai toujours eu cette passion pour l’innovation et la création en général. Après c’est un peu par hasard, j’ai un ami qui m’a parlé d’une nouvelle école d’informatique à l’époque qui s’appelait Supinfo qui s’ouvrait en Guadeloupe. Je m’y suis inscrit et c’est comme ça que j’ai découvert ma passion pour l’informatique. 

En ce qui concerne ma passion pour la création digitale, c’est arrivé un peu avant. Au lycée, j’avais des amis qui faisaient du montage photo avec Photoshop. Je m’y suis mis avec deux trois tutoriels et je me suis rendu compte que j’avais une certaine prédilection pour ça. J’arrivais à avoir un oeil que la majorité des gens n’avait pas. Après pour la vidéo, un ami m’avait montré une vidéo sur laquelle il avait rajouté des effets spéciaux avec le logiciel After Effects et il m’a également parlé du site Video Copilot sur lequel j’ai appris tout ce que je sais. Au fil des années, j’ai pris quelques compétences dans ce domaine ce qui m’a amené à ce que je fais actuellement, c’est-à-dire la création vidéo.

Tu habites actuellement au Canada? Quelles furent les étapes avant d’y arriver ?

Mon école est un peu spéciale, on a des campus partout dans le monde et on peut au fil des années changer de campus. Ça nous donnait l’occasion de voyager et j’ai saisi cette opportunité. J’avais eu des retours positifs sur Montréal et du coup pour ma dernière année, j’ai déménagé. Depuis ça, je suis resté là-bas.

« J’essaye d’être le plus immersif possible avec ce que j’ai en face de ma caméra »

Tu as un univers, une atmosphère qui te sont propres. Comment pourrais-tu les décrire pour quelqu’un qui ne te connaît pas ? 

C’est difficile à décrire, car je ne me rends pas forcément compte des similarités dans mes vidéos. C’est sûrement avec un regard extérieur que l’on peut s’en rendre compte. Mais avec un peu de recul, c’est vrai que je me rends compte que j’ai mon univers. Certaines choses n’ont pas bougé depuis le début de ma carrière. Pour mon univers, je dirais que j’essaye d’être le plus immersif possible avec ce que j’ai en face de ma caméra. Une chose sur laquelle je travaille tout particulièrement sont les effets sonores. La plupart des gens ne s’en rendent pas compte, mais on entend avant que l’on puisse voir. Je porte une attention particulière à cet aspect.

En quoi cet aspect est essentiel pour toi ? Comment fais-tu ton choix de son ?  Comment choisis-tu quelle musique mettre en avant et quelle musique accompagnera parfaitement la vidéo?

Ce qui m’inspire quand je fais une vidéo, c’est principalement la musique. Si je n’arrive pas à trouver la bonne musique pour la vidéo, la vidéo ne fonctionnera pas. J’ai déjà essayé de forcer avec une musique que je n’aime pas et je n’ai pas réussi. Parfois, je passe beaucoup plus de temps à trouver la musique, parfois même des jours, voire des semaines. C’est donc la première étape. La deuxième étape est bien sûr le montage vidéo en lui-même. Pendant cette étape, je ne me concentre pas trop sur ce qui fera un “bel effet” mais plus sur ce que va ressentir l’interlocuteur à un moment précis de la vidéo. La création de la vidéo pour moi est principalement psychologique, je veux communiquer un sentiment. Je veux que la personne ressente ce que moi, j’ai ressenti et je base mon montage sur ça. Pour compléter cet élément, je viens rajouter des effets sonores qui vont ajouter ce petit plus.

En tant que visual storyteller, tes vidéos racontent une histoire, communiquent une ambiance qui fait les spectateurs se connecter à une ambiance, une histoire, un moment. Sur quels aspects te concentres-tu afin de d’obtenir un tel résultat ?

Je dirais que l’aspect que je travaille le plus c’est le color grading ou colorimétrie en français. En fonction des tons, qu’ils soient chauds ou froids, l’ambiance communiquée sera différente. Je continue donc dans ce processus de “qu’est-ce que je cherche à faire ressentir” et je l’exprime à travers la colorimétrie. C’est un travail qui nécessite pas mal de temps. Parfois, je vois des commentaires, qui me félicitent sur le “filtre” sauf que non ce n’est pas un filtre, c’est un travail qui demande beaucoup plus de temps qu’un filtre instagram haha.

« Lorsque je suis dans un pays chaud, je suis beaucoup plus inspiré »

Tu as déclaré que ton inspiration créative vient de Guadeloupe. Quels aspects de ton île t’inspirent ?

C’est un peu cliché, mais en ayant passé pas mal de temps dans un pays froid, je me rends compte que lorsque je suis dans un pays chaud, je suis beaucoup plus inspiré. J’ai beaucoup plus envie de créer. Par exemple, lorsque j’étais au Mexique, j’ai créé quatre ou cinq vidéos en deux semaines, chose qui n’était jamais arrivée auparavant. Il y a quelque chose avec la chaleur ambiante qui fait que je suis beaucoup plus créatif. 

Un projet que j’aimerais faire serait d’aller en Guadeloupe et de créer un film qui montre autre chose que la plage et les rivières. Un film qui montre plus notre culture, ce qui nous est propre, qui fait que nous sommes guadeloupéens. Faire même un focus sur la culture qui se perd de plus en plus, comment vivaient nos parents avant nous. C’est un projet qui m’inspire vraiment et que j’aimerais faire dans un futur plus ou moins proche.

Qu’est-qui te stimule le plus dans ton processus créatif ?

Je dirais encore une fois que c’est le choix de la musique. Souvent quand j’entends une musique que j’aime vraiment je me fais déjà un scénario de vidéo dans ma tête. C’est la chose qui me stimule le plus. S’il y a une musique que j’adore c’est sûr qu’il y aura une vidéo par la suite. Il n’y a rien de plus satisfaisant que de retranscrire ce que j’avais en tête dans une vidéo.

Quel est ton type de creative storytelling préféré et pourquoi ? Le concept and brand, le trailer, le social media, live event ?

Je dirais que je n’ai pas de type de vidéo préféré. C’est vraiment le sentiment qui ressortira d’une vidéo qui fera qu’elle sera mémorable pour moi. Par exemple, il y a quelques mois j’ai vu une vidéo d’ Erik Eden Falk et je me suis dit : c’est exactement ce que je veux faire. Dans cette vidéo, on voit du début à la fin qu’il y a une histoire, c’est une vidéo d’un voyage en Norvège, mais le puzzle présent du début à la fin a tellement de sens que ça m’a inspiré et c’est le feeling que je veux que les gens aient quand ils regardent ma vidéo. Selon moi, je ne suis pas encore arrivé à ce point, mais c’est mon objectif.

Une de tes légendes m’a interpellée “Tulum is a greatly instagrammable place, but I’m not a big fan of it…” (Tulum est un endroit très instagrammable, mais je n’en suis pas très fan). En quoi la beauté et l’authenticité d’un endroit ne vient pas du fait qu’il soit instagrammable ?

Selon moi, le coté Instagram de la chose, c’est ce qui enlève la beauté et l’authenticité d’un endroit. On en est à un point où instagram n’est pas la réalité, c’est juste le filtre que tu mets sur ta vie. Tu veux montrer le côté le plus beau, le plus glamour de ta personne, alors que derrière ce n’est pas ce qui se passe. 

Quand j’ai été à Tulum, c’est un peu le feeling que j’ai eu. Tout le monde était en mode instagram. Il y a une statue apparemment très connue et les gens faisaient la queue pour prendre une photo devant. C’était assez choquant pour moi, car je ne comprends pas pourquoi quelqu’un voudrait d’une photo que tout le monde a déjà. Je me suis rendu compte qu’il s’agit d’une photo juste pour prouver que oui, je suis bien allé.e à Tulum quoi et pour avoir les likes. Je n’ai pas très apprécié le concept et c’est pour cela que je n’ai pas fait plus d’une matinée là-bas. Au Mexique, j’essayais d’éviter les endroits très touristiques parce que je trouvais que ça ne représentait pas le côté authentique que je recherchais. 

Du coup comment considères-tu qu’un endroit est authentique ?

Par exemple au Mexique, ça sera un endroit où personne ne parle anglais ! Si je vois qu’il y a beaucoup plus de locaux que de touristes, c’est que j’ai touché le jackpot. Pour Montréal, je commence à me dire qu’il faut que je voyage parce que j’ai l’impression d’avoir fait le tour. Après avec ce qu’il se passe en ce moment, c’est sûr que ce n’est pas la bonne période pour voyager.

Tu partages ton contenu principalement sur instagram mais quelle est ta plateforme favorite pour partager ton contenu ?

Alors oui Instagram est ma plateforme de création favorite car c’est l’application qui me permet d’atteindre le plus de personnes avec le type de contenu que je propose. Mais s’il y a une plateforme favorite en ce moment, je dirais que c’est Tik Tok. Quand on dit Tik Tok, la plupart des gens disent oui, c’est un truc pour les gamin.e.s qui font du lip sync. Je trouve qu’il y a une opportunité créative sur Tik Tok qui est folle et qu’on ne trouve absolument nulle part ailleurs. Je me dis qu’un jour, je vais commencer à créer du contenu spécifiquement pour la plateforme. Là j’ai à peu près compris comment ça fonctionne donc je vais sûrement m’y mettre bientôt.

Sur les réseaux sociaux, notamment Instagram tu interagis beaucoup avec ta communauté en montrant les behind-the-scenes de tes projets. Pourquoi partages-tu tout ce processus ?

Aujourd’hui tout le monde essaie de vendre les secrets, alors qu’en réalité ça ne sert pas à grand chose de se cacher derrière une page de vente pour communiquer tes secrets de création. Moi, j’essaye de donner le plus de valeur possible sur ma page instagram, pas juste présenter mon contenu en disant “regardez-moi, je sais faire des vidéos”. Je veux apporter une certaine valeur ajoutée aux followers. Souvent, des gens viennent en message privé pour me demander comment j’ai fait telle ou telle chose et je réponds toujours de façon détaillée, car ça m’est déjà arrivé de poser la même question à d’autres personnes et ils agissaient comme s’iels faisaient partie d’une certaine élite et ne voulaient pas partager “le secret”. Je trouve ça stupide, plus je peux aider les gens autour de moi mieux je me porte.

Peux-tu nous parler de ton logo ?

Mon logo, ce sont deux choses. D’abord, c’est un M en style origami et quand il est inversé représente une couronne. Pourquoi une couronne ? Car Malick, mon prénom signifie le roi en arabe donc je voulais faire ce petit clin d’œil. En ce qui concerne l’origami, pour moi, il s’agit d’un symbole de créativité. 

Tes abonné.es ont-pu récemment suivre ton voyage au Mexique avec ton contenu, il y-a-t-il un autre pays dans lequel tu rêverais de créer du contenu ?

Je dirais le Japon enfin surtout l’Asie en général. Le Japon a tellement d’opportunités de création, c’est un pays qui pourrait me pousser à créer plus de contenus.

Aujourd’hui vis-tu de ton art ?

Je ne vis pas de mon art dans l’immédiat, mais c’est quelque chose que j’aspire à faire dans pas très longtemps. Je ne le fais pas, tout simplement à cause de la paperasse que cela va engendrer. Avec mon statut actuel au Canada, je n’en ai pas la possibilité, mais une fois que cela sera réglé, je vais me lancer.

Aurais-tu un conseil pour quelqu’un qui souhaiterais se lancer dans la création de contenu digital ?

Je dirais que le conseil principal est de ne pas se mettre la pression sur le résultat final, ni s’attarder sur la perfection. C’est une erreur que j’ai commise et ça m’a carrément fait perdre des années. Je voulais que chaque création soit absolument parfaite avant de la poster. Hors, je me suis rendu compte que je progresse beaucoup plus rapidement en créant et terminant un projet même s’il n’est pas parfait et en passant au projet suivant plutôt qu’en passant des mois et des mois sur le même projet. Créez le maximum possible, essayez, échouez, réessayez, recommencez encore et encore.

Peux-tu partager avec nous un endroit, une personne et une citation qui t’inspirent ? 

L’endroit comme je l’ai dit la Guadeloupe. Pour la citation, je n’ai pas les mots exacts, mais je dirais qu’il est important d’échouer souvent, ne pas s’y arrêter et de recommencer. Faire face à ses échecs, c’est super important, c’est ce qui va te faire avancer même beaucoup plus que la victoire en elle-même. Une personne qui m’inspire, c’est le Youtubeur Casey Neistat.  Il a une éthique de travail dingue. Il est parti d’absolument rien pour arriver là où il est aujourd’hui et je trouve ça vraiment admirable.

Qu’est ce qui te fait “feel good” toi ?

Je dirais la satisfaction d’avoir communiqué ce que j’avais en tête au travers d’un média qu’il s’agisse d’une vidéo, une photo, un montage. Il n’y a rien de plus satisfaisant pour moi.

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de bon pour les prochains mois qui viennent ?

Je pense que ce qu’on pourrait me souhaiter de bon serait de pouvoir pleinement vivre de mon art. Pour l’instant, c’est quelque chose que je fais à côté et le domaine dans lequel je suis n’est pas nécessairement ce que je veux faire pour le reste de ma vie.

Léonie Vignocan

Retrouvez tout le travail de Malick sur sa page Instagram et son site web.

Par souci d’inclusivité nous utilisons le pronom iels prenant en compte tous les genres.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s