Yorhann Emmanuel Alexander—Agent en image « Mon but ultime est d’inspirer les jeunes »

Depuis 10 ans, Yorhann Emmanuel Alexander baigne dans le milieu de la mode. Styliste, expert en luxe, directeur créatif, le jeune homme est désormais agent en image. Formé par des grands noms de la mode, c’est avec une vision internationale qu’il souhaite #Buildacaribbeanexcellence !

Photo backstage de la dernière campagne TONGORO STUDIO
Crédit : Julien Cozzolino Model : Anaïs Damessi
Photo backstage de la dernière campagne TONGORO STUDIO

Yorhann, peux-tu nous présenter en quelques mots ce que tu fais dans la vie ?

Actuellement, je suis en train de développer mon activité d’Agent d’image. Je travaille surtout avec des artistes. Pour expliquer ce que c’est, c’est une activité qui consiste à accompagner l’artiste dans son image. Cela passe par son image globale donc par du stylisme par exemple, ça passe aussi par une stratégie digitale sur les réseaux sociaux. Cela passe aussi par des relations publiques et des relations presse et un dernier axe, la production visuelle donc tout ce qui concerne la direction artistique sur les photo-shoots et vidéoclips.

« La curiosité c’est un premier déclic »

La mode est une réelle vocation depuis ton enfance. Comment as-tu transformé ta passion en métier ?

Dans un premier temps, j’ai été très curieux. Je suis arrivé à Paris en 2011 pour continuer mes études et Paris bien évidemment, c’est la capitale de la mode. Je me suis immédiatement enivré de la ville. J’ai beaucoup observé les gens, leurs styles. Je me suis également rendu dans les boutiques de luxe, les grands magasins et j’ai aussi suivi toutes les expositions, films, concerts en rapport avec la mode. J’ai toujours cherché à me documenter, à faire des rencontres et d’être inspiré par d’autres personnes. La curiosité,  c’est un premier déclic.

Le deuxième déclic, c’est tout simplement de se former. Je dis souvent qu’on ne peut pas aimer et travailler dans la mode si on ne connaît pas un minimum, l’industrie, son histoire, le business, les coulisses et tout ce que ça comporte. Dans mon parcours scolaire, je n’ai pas étudié la mode à proprement parlé, je n’ai pas fait d’école de mode. J’ai commencé par une licence en biologie dans le but de travailler dans le cosmétique, mais je me suis réorienté. J’ai toujours voulu être directeur artistique, j’observais Karl Lagarfeld. Par contre, je ne connaissais rien à la couture, ni au dessin. Arrivé à Paris, j’ai commencé une licence de Lettres Modernes, car il y avait un parcours de médiation culturelle.

Avant et pendant cette licence, j’étais beaucoup sur les réseaux sociaux et je m’étais fait un réseau dans la mode, mais surtout en Martinique. J’étais photographe amateur et un peu de modelling. Grâce à ce réseau, un de mes contacts m’a appelé et me disant qu’une de ses connaissances cherchait un stagiaire en mode. J’y suis allé au culot et j’ai été pris. J’étais d’autant plus ravi quand j’ai vu qu’il s’agissait d’une assistante et d’un styliste racisé.e.s . Il s’agissait de Jean Paul Paula qui est hollandais mais il est d’origine du Curaçao. Il est styliste photo donc il habillait des mannequins, des personnalités pour des clips etc. et c’est dans ce sens-là que j’ai intégré l’équipe.

« J’aime quand il y a une histoire derrière un look »

Tu as expliqué qu’il était impératif de connaître la sociologie, l’histoire et les logiques commerciales de la mode afin d’y travailler. Comment introduis-tu ces différents aspects dans ton travail ?

Après avoir travaillé avec Jean Paul Paula, j’ai intégré une école de marketing pour un Master. C’est en lançant mon activité d’agent d’image que je réunis tout ce que j’ai appris, que ce soit ma formation de conseiller en image, mon expérience avec les différents stylistes avec lesquel.lle.s j’ai travaillé ou même ce que j’ai appris en cours. Je regroupe tout cela. 

Par exemple, une artiste va venir me voir pour que je m’occupe de son image, je vais analyser son style de musique, voir dans quel cadre elle rentre. J’essaye de voir également comment elle veut évoluer soit dans sa carrière ou encore dans sa musique, car forcément, son image devra évoluer. J’ai besoin de savoir qui l’écoute, qui la soutient, qu’est-ce-que les gens aiment chez cette artiste etc. 

C’est une étude de marché, il faut comprendre la cible, il faut voir comment communiquer, sur quels outils. Il faut voir si elle est plus suivie sur Instagram, ou si ce sont les clips qui apportent le plus de vues ou encore les statuts Facebook ou les tweets. Il faut voir si les gens sont sensibles à son esthétique, est-ce qu’il faut lui en créer un ?

Je m’appuie aussi sur des points historiques. J’aime quand il y a une histoire derrière un look. Même tout le public ne sera pas forcément touché. Par exemple, si je propose un tailleur corset, je vais t’expliquer que l’inspiration vient de Thierry Mugler dans les années 90 en démocratisant les tailleurs féminins.

Photos promotionnelles presse Yorhann Emmanuel Alexander
Crédit : Issa Tall
Yorhann Emmanuel Alexander

Tu as travaillé avec Jean Paul Paula, Sarah Diouf ou encore Laeticia Kandolo. Pourquoi avoir fait le choix de travailler dans cette branche afro de la mode ?

Cela s’est fait par hasard. Je sais qu’à cette époque-là, je n’avais pas encore conscience de beaucoup de choses, je n’étais pas encore totalement déconstruit sur certaines choses. J’étais en pleine construction de moi-même donc je n’avais pas encore de notions de ce que c’était d’être noir en France et à Paris. Ou encore d’être différent, d’avoir un afro, d’être clair de peau, ce sont des choses sur lesquelles je ne pouvais encore mettre des termes spécifiques. Je me suis inséré dans un réseau et je n’en suis pas sorti.

Là où j’en suis pour la suite de ma carrière, j’y pense beaucoup ces derniers temps, il faut que je fasse les deux. C’est-à-dire qu’il faut que je reste quand même toujours présent pour ma communauté, que ce soit ma communauté des Antilles ou la communauté noire en générale. Cependant, il faut quand même que je m’ouvre un peu plus, car j’ai une vision internationale. Il faut que je m’insère dans un réseau non-racisé. D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait lorsque j’ai travaillé chez Givenchy pendant un an.

Cela fait maintenant 10 ans que tu es dans le milieu de la mode. Quelles furent tes stratégies afin d’évoluer ?

Ma tactique a toujours été de rester curieux, être alerte, être disponible. Il faut toujours se montrer disponible afin de ne pas refuser ou passer à coté d’opportunités, même si j’ai vécu 4 vies en une à certains moments en multipliant les activités. 

Il faut aussi être soi-même, je n’ai pas cherché à jouer de rôle ni à me créer un personnage, car je travaille dans la mode. Je suis toujours resté fidèle à ma personne et je pense que c’est quelque chose qui paye. J’ai toujours de bonnes relations avec les personnes avec qui j’ai travaillé que ce soit Jean Paul Paula, Sarah Diouf ou encore Laëtitia Kandolo, car nous sommes des personnes bienveillantes et positives.

« C’est deux fois plus difficile lorsqu’on appartient à une minorité »

Quel est donc la clé pour rester longtemps dans ce milieu ?

Pour rester dans le milieu longtemps, je pense que dans tous les cas peut importe ce que l’on fait, il faut rester fidèle à soi-même avec ses valeurs. Mais je pense qu’il faut tout de même s’adapter. Ce n’est pas un milieu facile, c’est très compétitif. Nous ne sommes pas beaucoup, mais je ne suis pas le seul jeune homme noir donc il y a tout de même de la compétition. Et nous savons que c’est deux fois plus difficile lorsqu’on appartient à une minorité, il faut charbonner et rester conscient. C’est un peu comme lorsque l’on fait du bateau, il faut adapter la voilure.

Photo promotionnelle presse Yorhann Emmanuel Alexander
Crédit : Issa Tall
Yorhann Emmanuel Alexander

Comment as-tu adapté ta voilure afin de faire face aux difficultés de la profession ?

Je n’ai pas forcément d’exemple, mais je sais que maintenant, je me prépare beaucoup plus mentalement en amont. Je prends soin de ma santé mentale et physique. Je vais méditer, lire davantage sur des sujets inspirants ou encore sur notre histoire, me documenter sur mes prédécesseur.se.s.

Récemment j’ai regardé le show Netflix Self-Made sur C.J. Walker et c’est le genre de contenu que j’absorbe car je me nourris de cette inspiration. Je le prends comme du divertissement, mais également comme une préparation mentale. Comme ça, je vois qu’il ne faut pas que je me fasse d’illusions ça sera difficile, peut-être que je vais rencontrer tel obstacle et qu’il faudra réagir d’une façon particulière. 

Du côté scientifique, j’envisage d’utiliser des éléments de la psychologie et de la sophrologie. Il faut aussi améliorer la confiance en soi, faire du développement personnel et puis aussi pourquoi pas faire appel à des thérapeutes en prévention.

Nous savons que la mode est l’une des industries les plus polluantes au monde. Est-ce quelque chose que tu prends en compte lorsque tu t’occupes de l’image d’un client ?

J’ai un peu le cul entre deux chaises. Dans ma vie personnelle, j’ai déconstruit certaines choses par rapport à l’environnement et pris conscience des conséquences écologiques. Il y a deux ans, j’ai appris les conséquences de la fabrication d’un jean ou encore d’un t-shirt donc c’est arrivé quand même assez tard. Maintenant, je sais donc ma consommation personnelle est différente. Désormais, je ne m’habille plus ou très rarement en fast-fashion. Je suis pour l’économie circulaire donc ce sont plus les friperies, du petit créateur et petites marques. 

Cependant, appliquer tout cela pour mes client.e.s ça reste compliqué et c’est également un parti pris tout en ayant un public qui n’est pas forcément sensible à ces problématiques. Donc il y a aussi un travail d’éducation. La conscientisation de mes client.e.s est un travail que je pourrais mener sur du long terme.

Quel est ton processus afin d’habiller et valoriser un client ? D’où tires-tu ton inspiration ?

Je fonctionne beaucoup par banques d’images. J’ai plein de petits dossiers que ce soit sur mon téléphone, sur Pinterest ou encore sur Instagram. Dès que je vois une image qui m’inspire, j’archive. Je vais me dire que ça correspond à tel.le ou tel.le client.e donc je constitue des dossiers qui regroupent tout. Dès qu’il y aura un projet par exemple un clip, là, je vais retourner dans mon dossier et je vais développer et approfondir le projet afin qu’il ait du sens

Photo promotionnelle presse Yorhann Emmanuel Alexander
Crédit : Issa Tall
Yorhann Emmanuel Alexander

Si tu devais nommer une personne qui t’inspire dans le milieu qui ce serait ?

Je dirais la publiciste de Beyoncé : Yvette Noel-Schure qui est des Caraïbes d’ailleurs, elle vient de Grenade. Mais je dirais tou.te.s les stylistes de stars en général. Dès qu’il y a un tapis rouge, événement mode, je regarde les marques et qui a habillé telle personnalité.

J’admire beaucoup le travail de Kollin Carter qui est le styliste de Cardi B entre autre. Il a amené Cardi B à  un niveau auquel on n’aurait jamais pensé. Et c’est ça pour moi, c’est l’essence de ce que je veux faire : prendre un.e client.e et l’amené.e à un statut que ce soit d’icône de la mode ou autre. Je pense également à la styliste de Kim Kardashian qui a fait un travail extraordinaire en 10 ans.

Ce sont des personnes que j’observe beaucoup, car elles ont fait un travail de développement sur du long terme. Ce n’est pas demain que je pourrai une artiste et faire en sorte qu’elle soit une icône.

Avec quelle artiste travailles-tu et que tu souhaiterais transformer en icône plus tard ? 

Oui. Alors il s’agit de la chanteuse Jahlys. On s’est rencontrés pour la première fois en janvier 2020. Je l’ai repérée sur youtube avec l’un de ses clips et il m’a plu, car il était bien fait avec les moyens du bord et j’ai senti qu’il y avait une volonté de rehausser le niveau et de proposer une image.

Je me suis dit directement qu’il y avait quelque chose à faire. Elle m’a contacté afin de travailler avec elle et j’ai dit banco car j’avais déjà ce projet. J’ai vraiment la volonté de développer son image pour qu’elle puisse grandir autant au niveau musical qu’au niveau de son image mode. Un peu à l’image de Rihanna, mais Kalash aussi.

C’est un peu une version masculine de ce que je veux faire avec Jahlys. Kalash qui part de la Martinique avec son univers dancehall et qui s’exporte internationalement. Son équipe a réussi à faire en sorte qu’il pèse dans la musique, mais également visuellement.

Avec quels types de profils travailles-tu afin de développer l’image de tes clients ?

Pour l’instant, je n’ai pas d’équipe fixe. J’ai plutôt des gens que je sollicite dans mes amis proches ou contacts qui peuvent m’aider sur certains projets. Je vais faire en sorte de travailler avec des personnes qui sont des Antilles ou racisé.e.s.. Il peut s’agir d’un.e photographe, d’un.e créateur.rice, un.e maquilleur.se, un.e réalisateur.rice ou même un.e infographiste. Ça m’arrange de travailler avec un microcosme de talents qui viennent de chez nous afin que l’on puisse avancer ensemble.

« Je veux que l’on soit dans la même dynamique afin de valoriser nos talents »

Tu as créé le #Buildingacaribbeanexcellence, en quoi consiste t-il ?

L’idée m’est venue en travaillant avec Sarah Diouf, la créatrice de la marque Tongoro. Elle a une vision Made in Africa et Building an African Dream. Elle m’inspire beaucoup et je me suis dit que le concept pourrait s’appliquer à la Caraïbes. J’aimerais qu’on ait une série de talents, pas que dans la musique. Forcément je vais toucher en premier mon milieu, c’est-à-dire le milieu artistique, mode et luxe, après sur du moyen et long terme j’aimerais que ça s’applique à chacun.e d’entre nous, dans les sciences, l’ingénierie, la médecine etc. J’ai une petite échelle donc forcément, je vais vouloir toucher les gens qui sont autour de moi.

Par exemple pour mon dernier projet avec Jahlys, j’ai utilisé une équipe 100% martiniquaise. Le styliste et la direction artistique gérée par moi, en passant par la photographe Aurélie Chantelly, tout en portant une création de Grégory Assad.  

Je vais toujours chérir cette photo, car elle est symbolique. Après, comme je le dis sur twitter, je ne veux pas être le seul Antillais/Caribéen à être dans le luxe et la mode. Je veux que l’on soit 10/15 et que l’on soit pour la même cause. Je veux que l’on soit dans la même dynamique afin de valoriser nos talents.

Donc si dans mon équipe, j’ai des personnes venant de Martinique, Guyane ou encore de la Réunion ça m’arrange. Mais ça ne m’empêche pas de travailler aussi avec d’autres profils, car tout le monde compte au final.

Photo promotionnelle de presse de la chanteuse Jahlys
Crédit : Aurélie Chantelly Photo promotionnelle de presse de la chanteuse Jahlys

Peux-tu partager avec nous un endroit, une personne et une citation qui t’inspirent ?

Pour la symbolique je dirais Cape Town et Dakar que j’ai visités lorsque je travaillais avec Sarah Diouf pour Tongoro. Cape Town est la première ville d’Afrique où j’ai mis les pieds. C’était le premier défilé de la marque donc ce fut une expérience très enrichissante.

Dakar est la ville d’origine de Sarah mais d’un point de vue histoire c’est également “chez nous”. J’ai aussi aimé ce côté authentique que je n’ai pas eu à Cape Town qui était plus un cocon doré. Ce voyage est très symbolique, car il représente ma rencontre avec Naomi Campbell, ma rencontre avec une certaine Élite noire venant du Sénégal, d’Afrique mais également des Etats-Unis. 

Il y a tellement de personnes qui m’inspirent. Dans mon cercle premier je dirais Sarah, Laeticia et toutes les personnes avec qui j’ai travaillé. Les gens qui m’entourent au quotidien également, mes proches, ami.e.s qui sont dans l’ombre, mais extrêmement présent.e.s. Sans elleux, je ne serais pas là.

D’une façon générale, je dirais Rihanna car c’est l’icône mode de notre temps qui a transformé sa carrière musicale en un empire. Enfin je dirais RuPaul (https://rupaul.com/)  qui a également créé un empire et c’est typiquement le type de personne que je scrute. C’est un véritable génie du marketing !

J’ai deux devises que je disais beaucoup à une époque : “Rien n’est impossible à celui qui y croit” et “A chaque problème une solution” et ces deux devises sont ancrées en moi. Peu importe les difficultés, je ne me suis pas laissé abattre, je ne me lamente pas.

Qu’est ce qui te fait “feel good” toi ?

C’est un peu cliché mais c’est la vie en général. C’est le fait d’être en vie, en bonne santé, être bien dans sa peau dans sa tête plus ou moins car je ne suis pas un robot, mais je suis content d’être moi, de faire ce que je veux de ma vie, de ne pas être emprisonné dans un travail qui me rendrait malheureux.

Je suis content d’être libre et de pouvoir rire. La musique également me fait vibrer, c’est une échappatoire, ma passion secrète qui fait le lien avec le fait que je travaille avec un.e artiste. 

Qu’est-ce qu’on peut te souhaiter de bon pour les prochains mois qui viennent ?

Je dirais d’accomplir ma mission qui est d’accompagner des artistes mais également les autres projets que j’ai à côté. Mais mon but ultime est d’inspirer les jeunes. Une phrase m’a toujours marqué, c’est celle d’une conseillère d’orientation au collège qui m’avait dit : “ne laissez pas l’argent être un frein à votre réussite”.

Je veux que les jeunes se disent « ok je viens d’un milieu modeste je n’ai pas forcément l’argent pour étudier dans de grandes écoles mais je vais m’en sortir quand même. Ca n’arrive pas qu’aux autres ! » Tout ce que j’ai réussi à faire en 10 ans, je veux que ça motive les jeunes à se lever et à accomplir quelque chose.

Léonie Vignocan

Retrouve Yorhann Emmanuel Alexander sur sa page Instagram !

Par souci d’inclusivité nous utilisons le pronom iels prenant en compte tous les genres.

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